Jacques Piquée : L’aubépine monogyne

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L’aubépine monogyne (Crataegus monogyna) de la famille des rosacées.
Synonyme : aubépine à un style
Noms vernaculaires : épine de mai, noble épine, épine blanche, cenellier…. Remarque : ces noms sont également utilisés pour désigner l’aubépine épineuse (Crataegus laevigata ou C. oxyacantha) très voisine de l’aubépine monogyne.
Les aubépines sont des arbustes très épineux caractéristiques des haies champêtres dans les paysages de bocage. Leur floraison très odorante courant mai est souvent liée à de nombreuses croyances populaires. Par exemple, on dit dans les campagnes que les gelées tardives sont à craindre tant que l’aubépine n’est pas en fleur. Leur floraison coïncide généralement avec la période des saints de glace bien connus des jardiniers (11, 12 et 13 mai ou selon les anciens calendriers St Mamert, St Pancrace et St Servais). Dans certaines régions, l’aubépine est liée à la fête du 1er mai et à la sorcellerie… Les aubépines sont très longévives et certaines atteignent l’âge respectable de 500 ans et plus.

Etymologie
Le nom générique vient du latin crataegos qui signifie dur en référence au bois très dense de cette essence. Le nom commun français est facile à comprendre : aube correspond à blanc (l’aube du premier communiant dans la tradition catholique) et épine rappelle le caractère épineux de la plante. Le nom spécifique provient du grec mono qui désigne l’unité, un et gyne qui désigne la partie femelle. Donc monogyne indique que l’appareil reproducteur de cette espèce ne comporte qu’une seule partie femelle c’est-à-dire un seul style. Entre autres détails, cela permet de facilement différencier l’aubépine monogyne de l’aubépine épineuse qui possède deux styles.

Description
L’aubépine à un style est un arbuste épineux et vigoureux qui peut atteindre 4 à 5 mètres de hauteur. De forme compacte et généralement globuleuse lorsqu’elle pousse en isolé, elle est plus élancée en mélange dans les haies bocagères ou dans les ripisylves. Les feuilles apparaissent nettement avant les fleurs ce qui permet de distinguer l’épine blanche de l’épine noire (Prunus spinosa). Elles sont fortement découpées, on dit pennatipartites à pennatiséquéees. Leur base n’est pas nettement en coin comme l’est celles de l’aubépine épineuse (Crataegus laevigata).
Les fleurs blanches disposées en corymbes sont très parfumées. Certains leur trouvent une odeur agréable, d’autres au contraire leur reprochent leur arôme entêtant et provoquant. Elles évoquent des fleurs de pommier miniatures et sont organisées de la même manière ce qui explique que l’aubépine appartient aussi à la sous-famille des maloïdées. Les fleurs de l’aubépine sont très mellifères et sont très visitées par les abeilles et les insectes amateurs de pollen comme les diverses espèces de cétoines.
Les fruits ou cenelles sont rouge vermillon. Ils sont parfaitement comestibles mais fades et farineux. Ils sont surtout appréciés des oiseaux, notamment des grives et des merles pendant les mois d’hiver. Ces fruits ne contiennent qu’un noyau alors que ceux de l’aubépine épineuse en contiennent deux.
L’aubépine monogyne est une essence héliophile qui s’adapte à de nombreux terrains. Elle préfère cependant les sols argilocalcaires suffisamment frais.
On reproche aux aubépines d’être des foyers de propagation du feu bactérien, maladie grave qui atteint de nombreuses rosacées (poirier, pommier, néflier, cognassier…). Pour cette raison, la culture de l’aubépine est soumise à des dispositions réglementaires.

Le saviez-vous ?
– L’aubépine peut servir de porte-greffe au poirier, au néflier et au cognassier.
– Les feuilles et les fleurs contiennent des principes qui agissent sur la fonction cardio-vasculaire et sur le stress.

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