Jacques Piquée : L’hellébore noir

hellébore noir_1L’hellébore noir Helleborus niger de la famille des renonculacées.

Remarque : on peut aussi écrire ellébore sans h.
Noms vernaculaires :
rose de Noël, rose de carême, rose de serpent, herbe aux fous…
En décembre, janvier et février, les conditions climatiques sont encore souvent défavorables aux abeilles. Cependant, lors des premières journées où la température atteint et dépasse la douzaine de degrés, on peut assister aux premiers vols de purification.

Si à proximité du rucher sont disposées quelques plantes à floraison hivernale et précoce, on peut même assister aux premières séances de butinage de l’année.
Originaire de quelques secteurs des Alpes en France, l’hellébore noir fait partie de cette liste avec le noisetier, la bruyère d’hiver, et quelques autres.
Étymologie:
le nom générique hellébore provient du grec elleboros qui fait allusion aux propriétés médicinales de la plante censée guérir la démence. Cette propriété, à l’origine d’un de ses nombreux noms vernaculaires, est d’ailleurs évoquée dans la fable de La Fontaine, le lièvre et la tortue : « ma commère, il vous faut purger avec quatre grains d’ellébore ».
Le nom spécifique niger provient du latin qui signifie noir en référence à la couleur des racines.
Description :
la rose de Noël est une plante herbacée qui forme une touffe dense à croissance plutôt lente. Les feuilles dites pédalées, ce qui signifie qu’elles sont très découpées et en éventail, sont vert foncé, luisantes, persistantes et coriaces. Les nouvelles feuilles apparaissent peu après la floraison et remplacent progressivement les plus âgées souvent marquées de tâches plus ou moins foncées.
Les fleurs blanches parfois bordées d’une nuance de rose s’épanouissent de novembre à mars selon les conditions climatiques de l’automne et la rigueur de l’hiver. Des températures fraîches entre la mi-août et la mi-septembre, suivies d’un automne humide et clément déclenchent une floraison dès la fin novembre. Un hiver trop rigoureux décale nettement la floraison jusqu’en mars. En moyenne, la floraison s’effectue le plus souvent courant janvier-février.
Les fleurs sont composées de 5 sépales pétaloïdes en forme de coupe. Les vraies pétales sont ré-duits à de petits cornets nectarifères verdâtres qui entourent de nombreuses étamines. Le centre de la fleur hermaphrodite présente 5 à 7 pistils plus au moins soudés à la base. Ils évolueront en follicules, fruits secs à une seule ouverture à maturité. Les graines brun-noirâtre présentent une ex-croissance blanchâtre appelée élaïosome qui facilitera leur dissémination par les fourmis (myrméchorie).
Les racines très charnues sont noires.
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Les abeilles visitent la rose de Noël et y récoltent un des premiers nectars et un des premiers pollens

 

 

 

 

 

Culture et entretien :
L’hellébore noir demande des sols frais mais sans excès d’humidité, riches en humus et plutôt calcaires (pH alcalin supérieur à 7). Les racines étant très fragiles on s’approvisionnera en plants cultivés en conteneur. Les touffes seront installées à l’abri du vent, en plein soleil ou dans un endroit légèrement ombragé si on espère une floraison abondante. Les touffes n’aimant pas être divisées, la multiplication se fera surtout par semis. Ils se font souvent naturellement si on prend soin de laisser les follicules arriver à maturité. Au stade trois à quatre feuilles, les jeunes plants seront repiqués individuellement. Ils commenceront à fleurir au bout de 3 à quatre ans.
Intérêt apicole :
Comme toutes les plantes qui fleurissent en hiver, l’intérêt apicole de la rose de Noël est plutôt anecdotique mais quel bonheur et quelle lueur d’espoir que de voir les premières butineuses rapporter les premiers pollens à la ruche.
Espèces et genres voisins :
Le genre Helleborus englobe de nombreuses espèces toutes à feuilles persistantes et à floraison variée. Certaines sont originaires du nord de la France comme l’hellébore fétide ou pied de griffon qui épanouit ses fleurs verdâtres en plein hiver sur terrains très calcaires. Dans les jardins on cultive une espèce à fleurs plus ou moins pourpres Helleborus x atrorubens issue de l’hellébore oriental (Helleborus orientalis).
Toujours sur terrain calcaire mais très rare à l’état sauvage, on rencontre parfois l’helléborine d’hiver (Eranthis hiemalis) dont les petites fleurs jaune lumineux peuvent égayer les rocailles et les bordures de jardin également courant janvier-février.
Le saviez-vous :
Comme de nombreuses renonculacées, les hellébores sont des plantes toxiques qui contiennent de nombreux alcaloïdes.
Dans certaines régions, les premières fleurs de l’hellébore noir sont placées dans la crèche comme symbole de pureté.

Lorsqu’elle récolte du pollen,l’abeille se sert de ses mandibules pour fracturer les anthères. Elle récolte le nectar avec sa langue au fond des pétales transformés en cornets verdâtres et nectarifères. Les sépales sont blanc pur.

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