Jacques Piquée : Le lilas des Indes

Le lilas des Indes_1-000Le lilas des Indes (Lagerstroemia indica) de la famille des lythracées.

Noms vernaculaires : lilas d’été, lagerose, fleur de papier crépon, fleur de mousseline, myrte de crêpe… Le lilas des Indes offre encore un exemple d’appellation qui prête à confusion. En effet cette essence n’a strictement rien à voir avec le genre Syringa qui correspond aux véritables lilas.

De plus, elle n’est pas originaire des Indes (où elle a été introduite pour sa belle floraison) mais de Chine. Enfin, pour ne pas arranger les choses, d’autres plantes portent également ce nom. Une fois de plus, on notera l’importance d’utiliser les noms scientifiques pour désigner les espèces avec précision.
En France, la famille des lythracées est représentée par la salicaire commune (Lythrum sali-caria), plante herbacée vivace des zones humides. Elle arbore des couleurs vives autour  du rose-magenta ce qui est souvent la cas du lilas d’été. C’est aussi une plante très mellifère qui sert d’aire de butinage aux abeilles mellifères et à Melitta nigricans, abeille solitaire spécifique relativement rare.
Etymologie
Le nom générique a été donné par Linné pour honorer son ami Magnus Von Lagerström, directeur de la compagnie des Indes orientales. Comme Linné, c’était aussi un botaniste et un grand collectionneur de plantes. Le nom spécifique voudrait indiquer son origine géographique qui, on l’a vu, est erronée. Il serait donc préférable d’utiliser un synonyme Lagerstroemia chinensis donné par la suite. Mais il existe en botanique la règle dite d’antériorité qui oblige à utiliser le premier nom de baptême donné aux plantes.
la_salicaire-002Description
En fonction des nombreux cultivars et des méthodes de taille et de culture, le lilas d’été se présente soit comme un arbuste, soit comme un petit arbre ne dépassant pas 6 à 8 mètres. Il est décoratif quelle que soit la saison. En hiver, on remarquera son tronc qui, à la manière de celui du platane, se desquame en laissant des taches vert jaunâtre. Au printemps, c’est son feuillage luisant qui est attractif. Les feuilles sont opposées, subsessiles et ovales. Elles sont légèrement coriaces et ressemblent à celles de la myrte d’où certains noms vernaculaires. Elles sont malheureusement sensibles à l’oïdium, ce champignon qui les blanchit.
En été, dans le courant du mois d’août et jusqu’en septembre, c’est sa floraison spectaculaire en larges panicules terminales qui retiendra l’attention. Les fleurs possèdent 6 sépalessoudés formant une sorte de coupe sur le bord de laquelle s’attachent 6 pétales richement colorés. Leur base est très rétrécie et leur extrémité largement déployée et curieusement chiffonnée. Cette particularité est à l’origine de la plupart des noms vernaculaires. Leur odeur rappelle, en plus subtil, en moins capiteux, celle des tilleuls. Elles sont très mellifères et fournissent un abondant pollen ce qui est très intéressant à cette époque de l’année. En automne, son intérêt réside au niveau de son feuillage qui passe par tous les tons du jaune, de l’orange et du rouge.

Le saviez-vous ?
Introduit en Angleterre vers 1740, le lilas d’été arrive en France vers 1760. Ce sont surtout les pépinières Desmartis à Bergerac qui l’ont diffusé en créant des hybrides et des cultivars aux coloris variés autour du blanc et du rose.
L’ingestion des fruits a une action narcotique.

ENCART sur la SALICAIRE COMMUNE

la_salicaire-000La salicaire commune
(Lythrum salicaria)

appartient à la même famille botanique que le lilas des Indes. Elle fleurit tout au long de l’été et convient parfaitement pour végétaliser le bord des mares et des cours d’eau et les fossés humides. Ses fleurs rose magenta, plus ou moins foncé selon les nombreux cultivars, sont très mellifères. Elles attirent tout un cortège de pollinisateurs et notamment les papillons et une abeille solitaire monolectique spécifique, la mélitte de la salicaire (Melitta nigricans).

 

Le saviez-vous ?
Parmi les cultivars les plus intéressants pour les parcs et les jardins, on peut conseiller : ‘Feuerkerze’, ‘Augenweide’ et ‘Robert’. Ce dernier est à port compact. En dehors de son aire d’origine et notamment au Canada et en Australie, la salicaire commune s’est révélée être une plante très invasive.

Cultiver des plantes mellifères en ville et au jardin
Paru en janvier 2016

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